CONTROVERSES 2004

LES 21 et 22 JUILLET 2004

Mairie, Salle de l'Antichambre

 

Organisé par Avignon-Public-Off, en partenariat avec I3M (Information, Milieux, Médias, Médiations)

Laboratoire en Sciences de l'information et de la communication , Université de Nice Sophia Antipolis

programme

 

 

Poursuivant nos Controverses et notre travail de réflexion initié par Paul PUAUX, nous avons traité depuis différents sujets comme "le Théâtre Public" en 1998, ou "Action Artistique et Éducation Populaire" en 2002.

Notre rencontre avec Paul Rasse et son équipe universitaire de chercheurs, qui ont travaillé plusieurs années de suite sur la dynamique du Off, nous semble s'inscrire tout naturellement dans l'esprit de ces controverses et dans la continuité de notre travail antérieur.

Nous vous proposons donc cette année de rapprocher les deux thèmes de la médiation culturelle et de la médiatisation, a priori si proches et pourtant si opposés.

Y réfléchir donnera lieu certainement à controverses.

Mais au-delà du jeu intellectuel, nous espérons en tirer des leçons pour agir plus efficacement dans l'intérêt du théâtre, des acteurs et des populations auxquelles il s'adresse, ou devrait en principe s'adresser.

Annulées en 2003 au plus fort moment de la crise liée aux revendications du mouvement des intermittents, les controverses sont donc reconduites. Cette année, elles accorderont d'ailleurs un espace privilégiée au thème des métiers du spectacle face aux impératifs des industries culturelles.

Plus que jamais, nous souhaitons maintenir cette tradition de dialogue public ouvert à tous.

En mémoire d'hier et surtout en pensant à demain.

 

Alain LÉONARD

 

Voilà un siècle que les médias de masse contraignent le théâtre à un jeu serré qui le pousse à redéfinir sa place dans la société.

Ils assurent la célébrité de quelques-uns, mais la relégation de la majorité des autres. Ils offrent des possibilités de diffusion des œuvres comme jamais auparavant, mais en même temps imposent des contraintes de formatage, de contenu, de séduction des publics.

Après avoir renoncé à battre les industries audiovisuelles sur leur terrain d'excellence (la production de fictions merveilleuses destinées au délassement des masses…), l'artisanat du spectacle vivant est à la recherche de sa spécificité.

Prenant le contre-pied des dérives d'une production médiatique jugée trop superficielle et commerciale, une tendance de la création artistique a développé une esthétique en rupture avec les facilités du spectacle populaire, à rebrousse-poil des goûts du grand public, jusqu'à se couper de lui et le réserver à une petite élite.

La médiation, considérée comme une panacée, est alors sommée de réparer cette déchirure, de rendre évidente, de donner à comprendre et à aimer, au plus grand nombre, une culture pourtant produite dans une perspective de distinction.

Une autre solution de la médiation consiste à se nicher là ou les médias font défaut, réservant à quelque uns le privilège de s'exprimer et de débattre, là où ils suscitent de l'isolement de la passivité. Il s'agit de donner la parole à davantage de créateurs et de spectateurs, mais aussi de récréer du lien, de la relation, de la participation.

La médiation vise cette fois à développer le réseau, à l'ouvrir, à soutenir les initiatives, à mettre en relations, à faire en sorte qu'il y ait plus de créateurs en mesure de vivre de leur art et d'esthètes susceptibles d'intervenir dans le champ de la culture, à permettre aux spectateurs d'aller à la rencontre des compagnies, de voir, de défendre, de soutenir le théâtre qu'ils aiment.

Et sans doute, est-ce tout cela qui fait le succès et les ambitions du "Off". Auteurs et metteurs en scène doivent apprendre à jongler avec les contraintes du festival. Dans ces conditions, souvent difficiles, s'invente un nouveau théâtre, pauvre, mais imaginatif et en prise sur le monde contemporain, car toutes les misères et tous les combats, tous les bonheurs aussi, se reflètent dans Avignon Off.

Et le spectateur expérimente le plaisir de découvrir, d'échanger, d'expliquer et de défendre ses positions, dans la proximité des salles, des files d'attentes, des rues et des terrasses de café.

Mais alors, quel peut être en contre point le rôle des médias de masse conçus, eux, pour le jeu des stars, pour médiatiser le sommet d'un système pyramidal. Comment peuvent-ils rendre compte du réseau, de sa pluralité d'acteurs se partageant le pouvoir, autrement qu'en le niant ou en lui appliquant le vieux modèle de starisation artificielle de quelque uns ? Quelles relations peut-on imaginer entre les médias et la médiation ? Quelles sont les difficultés et les perspectives des troupes et des acteurs confrontés à l'inflation de la concurrence, à la crise du spectacle vivant et à la pauvreté des moyens disponibles ? Peut-on imaginer que la presse soutienne ce foisonnement de la création s'en fasse l'écho et accompagne le jugement du public ? Que sait-on enfin, que peut-on dire des spectateurs d'Avignon et plus généralement du théâtre, qu'elles sont ses mobiles, ses attentes et comment peut-on accompagner son développement ?

 

Tels sont les grands thèmes qui seront abordés cette année dans les controverses d'Avignon 2004. Pour éclairer et nourrir le débat, celle-ci s'appuieront sur les résultats d'une enquête menée auprès des troupes, du public et de la presse, par une équipe de chercheurs de l'université de Nice. En espérant que le commentaire de ces résultats donnera lieu à de riches et intenses moments de discussion.

 


 

PROGRAMME

21 juillet 2004, 10h

Des médias aux médiations : enjeux des controverses 2004 , (Alain Léonard, Paul Rasse)

Table ronde : Le rôle des acteurs institutionnels

Intervenants pressentis : Chantal Dahan (INJEP), Thierry Pariente (Ministère de la Culture), X (ADAMI), Jean-Claude Richez (INJEP), Michel Chirinian (Mairie d'Avignon).

 

21 juillet 2004, 15h

Off the record : les raisons et les effets d'une sous-médiatisation (Nicolas Pélissier)

Table ronde : Les médias et le réseau

Intervenants pressentis : Octavi Marti (El Païs), Armelle Héliot (Le Figaro), Jean-Pierre Leonardini (Marianne), Jean-Pierre Siméon (L'Humanité), Jean-Marc Stricker (France Inter), Michel Flandrin (France Bleu Vaucluse), Chantal Malaure (Vaucluse Matin), Danièle Dumas (L'Avant Scène), Nicolas Romeas (Cassandre), René Diez (Président du Club de la Presse)

 

22 juillet 2004, 10h

La passion des compagnies (Catherine Benzoni-Grosset)

Table ronde : Évolution des métiers du spectacle vivant et problématique de l'intermittence

 Intervenants pressentis : Michel Bruzat (Théâtre de la Passerelle), Pierre Béziers (Théâtre du Maquis), Joëlle Richeta (Kronope), Jean Flores (Théâtre de Grasse), Jean Autran (A.T.P.-Les Amis du Théâtre Populaire d'Avignon), Représentant de la Coordination Nationale des Intermittents et des Précaires, Bernard Huchon (Conseil Général des Bouches du Rhône), Olivier Couqueberg (Office Départemental de Développement)

 

22 juillet 2004, 15h

Rituels festivaliers et sociabilités des publics (Nancy Midol, Paul Rasse, Alice Marrié)

Table ronde : Médiation : le théâtre dans l'espace public

Intervenants pressentis : Emmanuel Ethis (MCF Université d'Avignon), Jean Caune (Pr. Université Grenoble III), Jean Davallon (Pr. Université d'Avignon), Chantal Dahan (INJEP), Jean-Michel Guy (DEP, Ministère de la Culture).

 

Modérateur : Sergio Sarmiento (Université de Nice, ancien expert UNESCO pour l'éducation aux médias)